[Récit] Maman, est-ce que ta chambre te plaît ? – William Réjault

[ Pas de prises de notes ] – [ Ecrit avec le cœur ]

( Deuxième article que je publie sur un livre, deuxième fois où je n’ai pris aucune note, rien, alors que je m’étais jurée d’écrire des chroniques plus « sérieuses » … cela n’en rends pas moins mon avis moins intéressant ^^, mais à remanier avec le temps à mon avis. Quand je relis ma chronique sur  » De Fringues, De Garçons et de Musique, j’ai envie de tout effacer et de recommencer ! D’écrire seulement  » COUREZ L’ACHETER C’EST UNE BOMBE :cœur: :cœur: :cœur: « . D’ailleurs, j’espère que le fait de vous en parler vous a donné envie de vous vous le procurez, c’est l’une des sorties récentes qu’il ne fallait SURTOUT pas manquer ! )

51xUfUqKLHL._SX339_BO1,204,203,200_Après cette longue introduction entre parenthèses, laissez moi vous parler de ce livre de William Réjault.

Ce nom ne vous est peut-être pas inconnu, car il est ( a été ? ) chroniqueur sur le Figaro. Mais avant ça, il était infirmier ( sacré parcours hein ? ). Il tenait le blog  » Ron l’infirmier « , fin des années 2000. En 2009, suite à sa démission posée dans la maison de retraite, il publie un livre sur … les conditions de travail dans ces institutions, la qualité de vie de ses résidents et pose des réflexions ça et là sur divers problèmes rencontrés dans ces lieux de vie.

Le livre se découpe en plusieurs parties : « 1) Mon expérience », « 2) La Maltraitance », « 3) Les failles du système » « 4) Des solutions possibles » et en fin d’ouvrage nous retrouvons diverses annexes étayant les propos de l’auteur. Il y’a environ 310 pages, il se lit assez rapidement ;  bien que traitant un sujet assez épineux, il se veut vulgarisateur et donc accessible à toute personne.

« OMG mais c’est TELLEMENT MOI ! »

L’une des premières réactions que j’ai eu en commençant ce livre. Pas réellement dès les premières pages, où l’auteur relate la mort auquel il a échappé après une intoxication au monoxyde de carbone, non, ça je n’ai pas connu ( et je touche du bois pour ne jamais connaître ce grave problème ). C’est la goutte d’eau qui a fait débordé le vase, d’ailleurs, cet événement : des restrictions budgétaires qui ont failli lui coûter la vie !

Ensuite nous plongeons dans sa vie d'(étudiant ) infirmier, et je me suis vu revivre toutes mes mauvaises expériences ( je travaille dans le milieu médical ). Longtemps à mes débuts, j’ai douté de moi, de mes compétences, de mes capacités à soigner, j’ai pu en parler qu’à très peu de proches dans le milieu soignant qui minimisait ces problèmes, ne comprenant pas mes douloureuses remises en questions sur mes aptitudes. Ces faits ont été un voyage dans le temps et une véritable bouffée d’air apaisant mon esprit et mon cœur. Non pas que je sois encore dans le mal de toutes ces expériences, mais ses mots m’ont fait l’effet d’un baume que seules les paroles d’un ami proche ayant vécu les mêmes travers, puisse avoir.

Le fait que ce soit retranscrit et publié dans un livre, à la portée de tous, fait l’effet d’un remède. On ne parle que si peu de la maltraitance au sein des équipes de soin, pourtant, c’est un sujet qui mérite d’être abordé en abondance. Le citoyen lambda s’imagine au travers des titres des journaux, des équipes en souffrance à cause du système, mais se serrant les coudes pour se soutenir les uns les autres, aller de l’avant, et prendre sous leur aile les petits novices. Il n’en est rien dans certaines structures.

Là, vous allez me dire « Ok, ce livre il est juste bon pour les soignants, mais moi, prof de lettres, je m’en fiche ! » NON ! Il permets enfin de donner une image juste de l’équipe soignante, de ce que peut vivre un soignant, ses conséquences sur lui même ( je pense à l’aide-soignante qui s’est mutilé les bras, culpabilisant d’avoir maltraité un résident, en lui hurlant dessus, excédée et souffrant de ses conditions de travail ) mais aussi sur LE/LA résidente … que nous serons ou que vos grands parents, parents, frères, sœurs, ami-e-s, seront peut-être un jour.

Ce sujet nous touche tous. Il est important de lire ce récit qui, de mon point de vue de soignant, de femme de terrain, est très réaliste. De nous poser les bonnes questions pour améliorer le quotidien de tous-tes.

 » Ils reprennent vie dans mon cœur …  » 

… tous ces résidents que j’ai connu et avec eux, ces situations que j’ai vu, vécu, et pas forcément dans le bon sens. L’auteur retranscrit à merveille tous les types de maltraitance que l’on peut rencontrer et/ou provoquer dans cette institution. Elles sont si nombreuses, et pas forcément causées sciemment par le soignant.

De nombreux facteurs externes rentrent en jeu. Non pas que je veuille minimiser les actes de maltraitance connus du grand public que par l’intermédiaire des journaux, au contraire, ce récit les aborde tous, les décortique, remets en question les habitudes de soin, des causes externes comme la notion de rendement, les restrictions budgétaires, les familles également ( oui la famille peut être maltraitante, comme, par exemple, cette femme qui automédique sa proche malgré les avertissements de la direction … par manque de confiance en l’équipe soignante ? Pour d’autres raisons ? Nous ne le saurons pas, elle ne s’est pas expliquée ), l’institution en elle même aussi  ( pas d’ascenseur adapté, pas de pièce adaptée en fonction des pathologies … jusqu’à aller à la nourriture ! ), ainsi que le manque de formation continue des professionnels.

Tout semble prétexte à la maltraitance, et pourtant, pensez à un plat inadapté pour un résident ayant une mauvaise dentition : il s’étouffera car les morceaux sont trop gros, ou un plateau laissé en vitesse sur la table, 1 mètre trop loin d’une personne ne pouvant se mouvoir, il ne mangera pas ou risque de chuter … bref, ce livre recèle de nombreux cas de maltraitance que la plupart des gens ne soupçonnerait pas de l’être !

On retrouve également de petites anecdotes, tristes, effrayantes, émouvantes … et la question de l’euthanasie est posée. En fin d’ouvrage, vous trouverez le  » Petit Guide pour trouver la bonne maison de retraite pour son-ses proches  » que je trouve assez pertinent.

« Nous avons su prolonger l’existence de nos parents : que souhaitons-nous en faire ? Je n’ai pas la réponse »

Cette phrase conclut ce court récit, fort enrichissant, terre à terre, adapté au profane qui ne connait rien au monde soignant.

Depuis 2009, fort heureusement, des initiatives ont été prises pour améliorer la qualité de vie en maison de retraite. Cependant, il reste encore du pain sur la planche.

Je vous encourage vivement à vous procurer ce livre de poche au prix modique de 7 euros, pour vous posez les bonnes questions sur ce que nous pouvons faire pour rendre la vie de nos aînés et de nos soignants agréable, pour ne plus laisser ces acteurs importants de notre société en souffrance et de côté.

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