[ Autobiographie ] Journal d’un Vampire en Pyjama – Mathias Malzieu

[ Coup de Cœur ] [ ATTENTION : Cette chronique pourrait vous donner envie d’acheter un livre qui va vous donner la pêche que vous soyez malade, proche de malade ou en bonne santé ] [ Ecrit avec un gros pochon de larmes et de sourires recueillis durant la lecture de ce livre ]  [ Avis pas du tout objectif ]

 

journal-dun-vampire-en-pyjamaAaaaah …. Mathias Malzieu et son groupe Dionysos ! J’ai écouté leurs chansons en boucle lors de mon adolescence ( et maintenant encore ! ), bercée par la mélodie envoûtante et dynamique de leur musique, et la poésie de leurs paroles ! Que j’aime leur univers ! Il va sans dire que j’ai lu avec plaisir les livres de Mathias Malzieu, et re(re)gardé son film Jack et la Mécanique du Cœur.

Il y’a un peu plus d’un an sortait « Journal d’un vampire en pyjama », une biographie de Mathias Malzieu sur une expérience de vie assez douloureuse qu’il a transformé en exutoire poétique, faisant partie intégrante de son univers propre à lui que toute personne connaissant de près ses œuvres voit de quoi je veux parler. Un univers à mi-chemin entre contes et poèmes. Vous ne connaissez pas cet homme, ni son groupe ? Foncez écouter leurs premiers albums, mes préférés, ou « Jack et la mécanique du cœur ». Rien de mieux pour avoir la pêche le matin, ou pour se requinquer après une journée éprouvante, ou tout simplement prendre plaisir à plonger dans un monde mélodieux, fantastique et … un peu barré 😉

Je me suis procuré ce livre à sa sortie lors de mon pèlerinage hebdomadaire à ma librairie préférée. Pourtant, je ne l’ai pas lu jusqu’à ce qu’Ibidouu me propose une lecture commune la semaine dernière. Pourquoi me demanderez-vous ? Tout simplement parce que je n’étais pas « prête », j’attendais le « bon moment » pour le lire. Je suis une cliente habituelle des hôpitaux, pour divers problèmes de santé, je ne savais jamais si avant, pendant, ou après une hospitalisation ou autres rendez-vous médicaux, ce livre allait m’apporter quelque chose de « positif », j’entends par là, avec mon vécu, si il n’allait pas me déprimer.

Les bons moments n’arrivant jamais dans une vie sans un petit coup de pouce de ma part, je me suis décidée de provoquer ce « bon moment » pour enfin lire cet ouvrage, en acceptant cette lecture commune.

La couverture est sombre, avec un grand bonhomme bâton ayant pour tête un cœur scintillant. Je suis prête à plonger dans un récit à priori délicat, mais, en toute logique, se terminant bien (enfin, c’est ce que j’espère ! ).

Comme pour ses chansons et autres récits, on embarque dans son univers unique, mélangeant anecdotes de vie, écriture lyrique, doucement caustique parfois, franchement émouvante, très dynamique, le tout assaisonné d’un humour contagieux.  Vous retrouverez également de nombreuses références à des œuvres littéraires, cinématographiques et musicales au fil des écrits de l’auteur.

Les chapitres sont courts (entre deux et quatre pages ), présentés comme un journal de bord, commençants par la date à laquelle il écrit ses mots. Le livre se déroule sur un peu plus d’un an. La lecture est cadencée, comme si on lisait une chanson, avec des rythmes très rapides, d’autres un peu plus doux, mais en aucun cas on ne tombe dans de longues descriptions lentes, monotones. Pour ce qui est du ton du livre, on se noie dans tout un tas d’émotions, propres à chacun selon sa perception des choses ( chose que j’ai pu constaté en discutant avec Ibidouu sur cette lecture ) à en couper le souffle … les métaphores et autres figures de style sont utilisés à bon escient pour nous faire vivre ses propres émotions à lui. Pour ma part j’ai ressenti beaucoup de peur, de solitude autour de lui, de colère, de tristesse, d’amour, de la joie parfois et énormément d’empathie.

Il y’a une grande inventivité de la part de l’auteur ainsi qu’une grand rage de vivre pour lutter contre la maladie. Jamais on ne tombe dans le larmoyant, la pitié, le morbide … au contraire, la plume de Mathias Malzieu nous sensibilise à sa pathologie, ne cache pas ses doutes et son désarroi face à elle, nous dépeint avec subtilité le risque de « partir » à tout moment, personnifié par un protagoniste fictif (étrangement séduisant … une vraie femme croqueuse d’hommes, au sens littéral comme métaphorique ), tout en faisant preuve d’un imaginaire foisonnant d’idées et d’une grande force de caractère, même dans les moments les plus durs, avec un vocabulaire qui, lorsqu’il aborde des sujets sensibles et délicats, nous décroche des larmes de tristesse mais aussi d’espoir, voire même de rires selon votre sensibilité. Il y’a également beaucoup d’amour et de complicité avec sa compagne, sa principale co-équipière dans ce combat.

Il va m’être difficile de ne pas vous spoiler, et donc de ne pas vous gâcher le plaisir de lire cette petite pépite si ce n’est pas déjà fait, aussi dans les grandes lignes, j’ai été happée par son histoire tellement je me suis identifiée à son parcours de « patient impatient », d’être livré à soi même face au au diagnostic et à ses doutes quant à réchapper de cette maladie, des traitements dont on ne sait si ils seront efficaces et de leurs effets secondaires, des amis qui vous délaissent et ceux qui vous apportent tout leur soutien, de l’amour de ses proches (qui est une thérapie non négligeable pour aider à la guérison), des rencontres improbables et enrichissantes lors des hospitalisations, des rapports avec, sa deuxième famille vêtue de blouses blanches, du regard des autres, de leur méchanceté, de leur bienveillance …

Ce qui m’a certainement le plus émue, c’est son désir de rencontrer sa nouvelle maman, qui l’a sauvé. Je ne vous en dit pas plus si vous n’avez pas lu le livre.

Bon et alors, est-ce que lorsqu’on a un parcours de santé assez chaotique, est-ce bien de le lire me direz-vous ? Définitivement oui, mais aussi pour les proches, les amis, les gens que l’on aime, un voisin aussi ou pourquoi pas le laisser sur un banc pour le faire lire à un inconnu ! Ce livre devrait être remis entre les mains de tout le monde afin de sensibiliser les gens sur le vécu de patient à l’avenir incertain, il émane une telle force qu’il ne peut qu’encourager les patients à continuer à se battre … et aux autres, à ouvrir un autre regard sur les gens malades, fragilisés, bien souvent mis en marge de la société. Enfin, on peut également le lire pour apprécier tout simplement le talent d’écriture de Mathias Malzieu ( je vous avez prévenu, étant fan de Dionysos, cette chronique n’est pas du tout objective ! )

Il y’aurait tant d’autres choses à dire, mais dur de ne pas aborder ces thèmes sans spoiler, aussi, n’hésitez pas à me poser des questions en commentaire si vous voulez en savoir un peu plus.

En résumé : Une biographie courte, qui peut se lire en deux heures, mais qui mérite d’être savourée, de s’imprégner des paroles lyriques de Mathias Malzieu, de sa rage de vaincre contre sa maladie, qui parlera à tous-tes, car sans avoir eu de problèmes de santé, nous avons été très certainement côtoyés une personne malade un jour ou l’autre. Il vous décrochera très certainement une petite larme, ou un bataillon d’émotions dans la tête, des sourires … de la joie aussi. La maladie, c’est une guerre, que l’on peut en grande partie terrasser avec le mental … de l’optimisme, des sourires et beaucoup d’amour pour soi. Beaucoup, beaucoup, beaucoup. Enfin surtout, vous aurez une perception proche de la réalité du quotidien des patients, ces guerriers anonymes qui luttent sans relâche.

Merci à Ibidouu de m’avoir proposé cette lecture commune, qui m’aura permise de sortir ce bijou de ma PAL, mais aussi d’échanger nos avis respectifs dessus, qui fût une expérience fort enrichissante. Vous pouvez retrouver son avis sur cette lecture en cliquant ici.

 

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[ Autobiographie ] Wild – Cheryl Strayed

Ce soir, j’avais envie de vous fais part d’une de mes anciennes ( courtes ) chroniques sur un livre qui m’avait bouleversé, Wild de Cheryl Strayed. Si vous ne l’avez pas encore lu, foncez ! Il est magnifique.

 

J’ai marché, marché, l’esprit en mode primal, vide de toute pensée à l’exception d’une seule : aller de l’avant. J’ai continué jusqu’à ce que mon corps se rebelle et que je ne puisse plus mettre un pied devant l’autre. Alors, j’ai couru.

61K2brgIMrLLarguée par la vie et hantée par son passé, Cheryl décide de partir sur le Chemin des crêtes du Pacifique, une piste de randonnée longue de plus de 1000 kilomètres au cœur d’une nature aussi belle que sauvage.

Après plusieurs mois d’économie, elle se lance dans cette aventure, sans préparation physique, juste son  »Monster », son ( gros, très gros ) sac sur le dos.

Accompagnée de ses livres et d’innombrables gadgets fourrés dans Monster, on partage les peines de Cheryl sur cette route ; on se demande si elle va tenir le coup, on apprécie aussi ses petites réussites sur ce chemin qu’elle entreprends, qui l’aident à faire le point sur sa vie. On rencontre avec elle d’autres randonneurs, partis eux aussi pour des raisons personnelles ou tout simplement pour le plaisir de relever des défis.

Ce livre est magnifique. On est entraîné dans un tourbillon d’émotions intenses et diverses, mais aussi dans une nature indomptable que l’homme ne maîtrise pas. C’est une Amérique diverse et colorée de bleu, de blanc, de neige, de terres arides, de chaleur, d’immenses forêts, que l’on traverse en compagnie de Cheryl, on fait également connaissance avec divers randonneurs tout aussi attachants, qui rencontrent sa route. Un véritable livre émouvant, ressourçant, mais pas que.

Au travers de ma lecture, j’ai ressenti qu’il ne s’agissait pas que d’une autobiographie, mais aussi une sorte de conte initiatique. Une remise à niveau des compteurs pour traverser des épreuves difficiles, telle une rédemption, comprendre des événements de vie autrement, au fil de la route … qui n’a pas rêvé de ça, au moins une fois dans sa vie ? On s’identifie facilement à Cheryl. On est à ses côtés, avec nos propres douleurs, notre passé, nos actes manqués … on l’accompagne tout au long de cette route. Nous aussi, nous expions nos souffrances et nos pêchés, portant notre lourde croix sur le dos.

J’ai énormément apprécié ce livre, qui rentre dans ma liste des coups de cœur. Je vous recommande vivement de le lire, si vous souhaitez vous imprégnez d’un témoignage humain à la fois bouleversant et riche d’enseignements, admirer au fil des mots les différents décors que nous offre les Etats Unis, dans sa nature la plus brute, mais aussi la plus belle et rencontrer des hommes et des femmes aux histoires de vie complexes qui traversent ce  » Pacific Creist Trail  » .

Chronique écrite en Mai 2015.

[ Autobiographie ] De fringues, de musique et de mecs – Viv Albertine

[ Article écrit avec le cœur ] [ Aucune prise de notes lors de cette lecture ]

 

51yj4wnNttL._AC_SX348_SY500_QL65_J’ai voulu (re)commencer mon blog avec ce livre terminé le 23 Juin, 3 jours après avoir fêté mes 15 ans éternels. Je n’avais alors que très peu lu d’autobiographies, encore moins sur une artiste ayant vécu l’époque punk. Comme vous le savez, les chroniques chez moi, c’est un peu compliqué, surtout quand un livre m’a emballé comme celui-ci. Je vais donc vous donner mon avis pas du tout objectif et emprunt d’un enthousiasme non modéré quant à cette lecture où je suis tombée amoureuse de cette femme.

Cette femme s’appelle Viviane. Née dans une famille aux revenus modestes, elle a vécu à Londres avec une mère soumise à un mari violent. Cette jeune fille, aînée d’une sœur dont on n’apprendra que peu de choses au cours de cette autobiographie, est passionnée de musique, de mode, et de garçons ( on ne peut pas l’inventer, c’est écrit dans le titre ). Passions qui vont l’emmener à assister à des concerts incroyables ( je suis jalouse ), et à bosser avec d’autres artistes dans le monde Punk.

Novice dans ce monde, j’ai dévoré la première partie de son autobiographie, remplie d’anecdotes croustillantes sur les membres du groupe The Clash entre autres, mais aussi sur des expériences de vie qui me laissent un goût amer quand je regarde avec du recul l’insipidité de mon adolescence. Cette femme, elle brûle, elle croque la vie à pleine dents, bien que souvent prise de doutes et manquant un peu de confiance en elle, ce qui fait écho en moi. Cela ne l’a pas empêché de faire de fonder un groupe en collaboration avec d’autres jeunes femmes, The Slits ( Les Fentes, en Français ). Un groupe précurseur dans un monde Punk majoritairement masculin.

On aime ou pas? J’ai écouté l’unique album écrit en ce temps intitulé Cut, pour ma part j’ai adoré ( et encore plus l’histoire de ces titres racontée par l’auteure dans son livre ). Mon morceau préféré ? I Heard It Through The Grapevine. Bref. Une magnifique tranche de vie que mon Moi intérieur aurait aimé vivre. Son style de fringues ? J’adore. J’aurais rêvé de porter un t-shirt à nénés à mes 20 ans. Au delà de fringues, de musiques et de mecs, on découvre le combat que menait ce groupe pour être reconnu comme étant des artistes à part entière, ayant un message radicalement No Future – Féministe à faire passer aux travers de leurs interviews et chansons.

Ça, c’était la première partie qui me faisait rêver. Elle cesse lorsque certains membres du groupe ( la chanteuse il me semble entre autres ) décident de tout arrêter.

S’ensuit alors une période plus sombre, où, je dois vous l’avouer, les événements ne m’ont guère marqués ; en résumé : reprise difficile des études, boulot peu épanouissant étouffant la créativité de l’auteure, mariage, difficultés à concevoir un enfant … Et cancer de l’utérus. Ce passage, je m’en souvient très bien, ayant eu moi même un cancer ovarien. Son combat je l’ai ressenti au travers de chacune de mes cellules. Elle retranscrit à merveille la lutte contre une maladie à l’avenir incertain. Les examens, les effets secondaires des traitements, oh non elle ne fait pas dans le monologue plaintif dans le seul but d’émouvoir le lecteur, non, c’est incisif, brutal, on vit dans ce corps qui vous lâche et dans l’esprit qui lutte.

Elle en ressort vainqueure, contrairement à Ari Up, la chanteuse des Slits, plusieurs décennies plus tard.

À la sortie de ce combat, elle plonge alors dans une sorte de langueur monotone, un enlisement dans la vie maritale qui éteint peu à peu le feu toujours présent de l’artiste qui ne cherche qu’à brûler à nouveau. Après plusieurs rencontres & événements, la renaissance est là. Viv Albertine renaît, enfin, plus vivace et mature que jamais.

En résumé : Une lecture à vous couper le souffle.

Quand un ouvrage commence par le chapitre Masturbation, on s’attends à tout. Je me suis attendue aux clichés habituels des artistes à la dérive, dépassés, prêts à tout pour choquer afin de faire encore parler d’eux, ce qui est loin d’être le cas ici.

On ne peut réduire Viv à cette étiquette, son autobiographie est une ode à la féminité, au féminisme, au combat, à l’art. Une vie riche en émotions et expériences. L’écriture est rude et douce à la fois, il n’y’a aucune retenue sans pour autant tomber dans la vulgarité.

Je vous encourage à lire ce livre, que vous connaissez ou non cette artiste. Au mieux vous vous régalerez de ses anecdotes en tant qu’artiste et femme, au pire vous ne pourrez qu’apprécier les expériences de vie et autres sujets tabous que peuvent connaître femmes ou hommes.

J’oubliais, cette autobiographie est ponctuée de photos exclusives de l’artiste et de ses rencontres, et à la fin on a droit à une page consacrée aux musiques, fringues et personnes qui l’ont influencés au cours de sa vie.

Un livre qui plaira sûrement à toutes les femmes curieuses comme moi, mais aussi à toute personne un tant soit peu intéressée par la vie qui se termine par un happy-end, tout simplement.