[ Autobiographie ] Wild – Cheryl Strayed

Ce soir, j’avais envie de vous fais part d’une de mes anciennes ( courtes ) chroniques sur un livre qui m’avait bouleversé, Wild de Cheryl Strayed. Si vous ne l’avez pas encore lu, foncez ! Il est magnifique.

 

J’ai marché, marché, l’esprit en mode primal, vide de toute pensée à l’exception d’une seule : aller de l’avant. J’ai continué jusqu’à ce que mon corps se rebelle et que je ne puisse plus mettre un pied devant l’autre. Alors, j’ai couru.

61K2brgIMrLLarguée par la vie et hantée par son passé, Cheryl décide de partir sur le Chemin des crêtes du Pacifique, une piste de randonnée longue de plus de 1000 kilomètres au cœur d’une nature aussi belle que sauvage.

Après plusieurs mois d’économie, elle se lance dans cette aventure, sans préparation physique, juste son  »Monster », son ( gros, très gros ) sac sur le dos.

Accompagnée de ses livres et d’innombrables gadgets fourrés dans Monster, on partage les peines de Cheryl sur cette route ; on se demande si elle va tenir le coup, on apprécie aussi ses petites réussites sur ce chemin qu’elle entreprends, qui l’aident à faire le point sur sa vie. On rencontre avec elle d’autres randonneurs, partis eux aussi pour des raisons personnelles ou tout simplement pour le plaisir de relever des défis.

Ce livre est magnifique. On est entraîné dans un tourbillon d’émotions intenses et diverses, mais aussi dans une nature indomptable que l’homme ne maîtrise pas. C’est une Amérique diverse et colorée de bleu, de blanc, de neige, de terres arides, de chaleur, d’immenses forêts, que l’on traverse en compagnie de Cheryl, on fait également connaissance avec divers randonneurs tout aussi attachants, qui rencontrent sa route. Un véritable livre émouvant, ressourçant, mais pas que.

Au travers de ma lecture, j’ai ressenti qu’il ne s’agissait pas que d’une autobiographie, mais aussi une sorte de conte initiatique. Une remise à niveau des compteurs pour traverser des épreuves difficiles, telle une rédemption, comprendre des événements de vie autrement, au fil de la route … qui n’a pas rêvé de ça, au moins une fois dans sa vie ? On s’identifie facilement à Cheryl. On est à ses côtés, avec nos propres douleurs, notre passé, nos actes manqués … on l’accompagne tout au long de cette route. Nous aussi, nous expions nos souffrances et nos pêchés, portant notre lourde croix sur le dos.

J’ai énormément apprécié ce livre, qui rentre dans ma liste des coups de cœur. Je vous recommande vivement de le lire, si vous souhaitez vous imprégnez d’un témoignage humain à la fois bouleversant et riche d’enseignements, admirer au fil des mots les différents décors que nous offre les Etats Unis, dans sa nature la plus brute, mais aussi la plus belle et rencontrer des hommes et des femmes aux histoires de vie complexes qui traversent ce  » Pacific Creist Trail  » .

Chronique écrite en Mai 2015.

[ Autobiographie ] De fringues, de musique et de mecs – Viv Albertine

[ Article écrit avec le cœur ] [ Aucune prise de notes lors de cette lecture ]

 

51yj4wnNttL._AC_SX348_SY500_QL65_J’ai voulu (re)commencer mon blog avec ce livre terminé le 23 Juin, 3 jours après mes 30 ans. Je n’avais alors que très peu lu d’autobiographies, encore moins sur une artiste ayant vécu l’époque punk. Comme vous le savez, les chroniques chez moi, c’est un peu compliqué, surtout quand un livre m’a emballé comme celui-ci. Je vais donc vous donner mon avis pas du tout objectif et emprunt d’un enthousiasme non modéré quant à cette lecture où je suis tombée amoureuse de cette femme.

Cette femme s’appelle Viviane. Née dans une famille aux revenus modestes, elle a vécu à Londres avec une mère soumise à un mari violent. Cette jeune fille, aînée d’une sœur dont on n’apprendra que peu de choses au cours de cette autobiographie, est passionnée de musique, de mode, et de garçons ( on ne peut pas l’inventer, c’est écrit dans le titre ). Passions qui vont l’emmener à assister à des concerts incroyables ( je suis jalouse ), et à bosser avec d’autres artistes dans le monde Punk.

Novice dans ce monde, j’ai dévoré la première partie de son autobiographie, remplie d’anecdotes croustillantes sur les membres du groupe The Clash entre autres, mais aussi sur des expériences de vie qui me laissent un goût amer quand je regarde avec du recul l’insipidité de mon adolescence. Cette femme, elle brûle, elle croque la vie à pleine dents, bien que souvent prise de doutes et manquant un peu de confiance en elle, ce qui fait écho en moi. Cela ne l’a pas empêché de faire de fonder un groupe en collaboration avec d’autres jeunes femmes, The Slits ( Les Fentes, en Français ). Un groupe précurseur dans un monde Punk majoritairement masculin.

On aime ou pas? J’ai écouté l’unique album écrit en ce temps intitulé Cut, pour ma part j’ai adoré ( et encore plus l’histoire de ces titres racontée par l’auteure dans son livre ). Mon morceau préféré ? I Heard It Through The Grapevine. Bref. Une magnifique tranche de vie que mon Moi intérieur aurait aimé vivre. Son style de fringues ? J’adore. J’aurais rêvé de porter un t-shirt à nénés à mes 20 ans. Au delà de fringues, de musiques et de mecs, on découvre le combat que menait ce groupe pour être reconnu comme étant des artistes à part entière, ayant un message radicalement No Future – Féministe à faire passer aux travers de leurs interviews et chansons.

Ça, c’était la première partie qui me faisait rêver. Elle cesse lorsque certains membres du groupe ( la chanteuse il me semble entre autres ) décident de tout arrêter.

S’ensuit alors une période plus sombre, où, je dois vous l’avouer, les événements ne m’ont guère marqués ; en résumé : reprise difficile des études, boulot peu épanouissant étouffant la créativité de l’auteure, mariage, difficultés à concevoir un enfant … Et cancer de l’utérus. Ce passage, je m’en souvient très bien, ayant eu moi même un cancer ovarien. Son combat je l’ai ressenti au travers de chacune de mes cellules. Elle retranscrit à merveille la lutte contre une maladie à l’avenir incertain. Les examens, les effets secondaires des traitements, oh non elle ne fait pas dans le monologue plaintif dans le seul but d’émouvoir le lecteur, non, c’est incisif, brutal, on vit dans ce corps qui vous lâche et dans l’esprit qui lutte.

Elle en ressort vainqueure, contrairement à Ari Up, la chanteuse des Slits, plusieurs décennies plus tard.

À la sortie de ce combat, elle plonge alors dans une sorte de langueur monotone, un enlisement dans la vie maritale qui éteint peu à peu le feu toujours présent de l’artiste qui ne cherche qu’à brûler à nouveau. Après plusieurs rencontres & événements, la renaissance est là. Viv Albertine renaît, enfin, plus vivace et mature que jamais.

En résumé : Une lecture à vous couper le souffle.

Quand un ouvrage commence par le chapitre Masturbation, on s’attends à tout. Je me suis attendue aux clichés habituels des artistes à la dérive, dépassés, prêts à tout pour choquer afin de faire encore parler d’eux, ce qui est loin d’être le cas ici.

On ne peut réduire Viv à cette étiquette, son autobiographie est une ode à la féminité, au féminisme, au combat, à l’art. Une vie riche en émotions et expériences. L’écriture est rude et douce à la fois, il n’y’a aucune retenue sans pour autant tomber dans la vulgarité.

Je vous encourage à lire ce livre, que vous connaissez ou non cette artiste. Au mieux vous vous régalerez de ses anecdotes en tant qu’artiste et femme, au pire vous ne pourrez qu’apprécier les expériences de vie et autres sujets tabous que peuvent connaître femmes ou hommes.

J’oubliais, cette autobiographie est ponctuée de photos exclusives de l’artiste et de ses rencontres, et à la fin on a droit à une page consacrée aux musiques, fringues et personnes qui l’ont influencés au cours de sa vie.

Un livre qui plaira sûrement à toutes les femmes curieuses comme moi, mais aussi à toute personne un tant soit peu intéressée par la vie qui se termine par un happy-end, tout simplement.